En cette Journée Mondiale du Cancer du Sein Triple Négatif, nous sommes heureux de féliciter l’équipe 7 – « Cibler la Transcription dans le Cancer du Sein », dirigée par Pr. Martin Teichmann, dont les travaux dirigés par Pr. Richard Iggo et Pr. Hervé Bonnefoi, étudiant une forme rare du cancer du sein triple négatif ont été publiés dans le journal prestigieux Lancet Oncology. Ces travaux, portant sur la forme rare de ce cancer dont les cellules cancéreuses expriment de façon élevée le récepteur aux androgènes, donnent l’espoir d’un traitement hormonal plus supportable que les traitements utilisés jusqu’à maintenant en chimiothérapie. Des essais cliniques sont à mettre en place pour valider ce traitement.

Ces travaux sont le fruit d’une collaboration avec des chercheurs et cliniciens principalement en France : l’Institut Bergonié (Bordeaux), l’Institut Paoli-Calmettes (Marseille), l’Institut Curie (St Cloud), Le Centre Léon Bérard (Lyon), l’Oncopole de Toulouse, l’Institut du Cancer de Montpellier et de nombreux services hospitaliers (Paris, Quimper, Caen, Villejuif, Orléans, Brest, Clermont-Ferrand, Angers, Charleroi).
Merci aux soutiens et financeurs : Bayer, L’Europe (Interreg BOTS grant), UniCancer Breast Group (UCBG), la Fondation Bergonié, Fondation Nova (Genève), La Ligue contre le cancer (comité des Landes et comité des Pyrénées Atlantiques), La Fondation les 3 Roses.
Explications par Pr. Richard Iggo :
Nous avons découvert en 2005 un sous-groupe de cancers du sein triple négatif (CSTN) exprimant le récepteur aux androgènes, appelé cancer du sein apocrine moléculaire. Dans ce nouvel article, nous rapportons l’analyse d’un essai clinique évaluant l’activité antitumorale de l’anti-androgène darolutamide dans ce type particulier de cancer du sein. Une analyse transcriptomique (étude des ARN messagers qui sont à l’origine de la production des protéines) a permis de classer les tumeurs en groupes en fonction de l’activité des récepteurs androgènes. L’objectif principal de notre étude était de comparer le taux de bénéfice clinique à 16 semaines entre les groupes. Chez les patientes dont l’activité des récepteurs androgènes était élevé, le traitement par darolutamide, a permis d’obtenir un taux de bénéfice clinique de 57 %, bien plus élevé que pour les autres tumeurs. Nous concluons qu’une expression élevée des gènes du récepteur aux androgènes permet d’identifier un sous-groupe de patientes atteintes d’un cancer du sein, qui sont candidates à un traitement par anti-androgènes. Nous proposons donc un cadre cohérent pour tester l’activité des récepteurs androgènes dans le cancer du sein afin de mieux cibler le traitement, et pouvoir utiliser ce traitement hormonal.




